Opération « France Bleue »

delair-300x228Le journal Fakir et le collectif « De l’air à France Inter » organisent des manifestations dans de nombreuses villes en France, devant les locaux de la radio France Bleue, pour demander davantage de service public sur les antennes de Radio France, et pour que les auditeurs soient représentés au Conseil d’Administration.

A Clermont-Ferrand, venez soutenir les Fakiriens devant France Bleue Auvergne, le jeudi 11 décembre à 16h, au 80 bd François Mitterrand.

Voici la lettre adressée par le collectif aux salariés de Radio France :

De l’air à France Inter

Chers salariés de Radio France,

Voilà des années que nous vivons un peu avec vous, à votre écoute, en auditeurs attentifs de vos stations, du réseau France Bleu, mais plus particulièrement de France Inter.

La suppression subite de l’émission Là-bas si j’y suis, en juin dernier, nous a désagréablement surpris. Mais plus encore : qu’elle ne soit pas remplacée à la rentrée par une autre émission de reportage, avec des journalistes qui baladeraient leurs micros en France ou dans le monde, qui donneraient la parole aux ouvriers, aux paysans, aux enseignants.

La principale radio de service public ne propose plus aucune émission quotidienne de reportage.

Comme salariés du réseau France Bleu, en « province », vous n’êtes évidemment pour rien dans ces choix de la direction – effectués pour des raisons éditoriales, sans doute, mais surtout d’économie. Peut-être êtes-vous, dans votre locale, soumis à des mêmes impératifs d’économie, qui vous empêche parfois de produire des programmes variés ou des informations de qualité.

Car cette relégation d’une forme, le reportage, a des conséquences démocratiques, ou anti-démocratiques.

Nous avons ainsi audité France Inter le mercredi 3 septembre (au hasard), pour parvenir à ce chiffre : 18 minutes. 18 minutes sur 18 heures. Soit 1,7 %. Voilà le temps d’antenne que France Inter a consacré, ce jour-là, aux ouvriers, employés, travailleurs, classes populaires, qui constituent pourtant la très large majorité du pays.

A la place, les artistes (réalisateurs, acteurs, chanteurs) ont largement la parole (3 h 20). Les experts (politologues, psychologues, juristes) aussi (2 h 20). Les patrons et leurs affidés (financiers, promoteurs, consultants) sont bien présents à leur tour (1 h).

Voilà qui nous apparaît comme un problème : la société française n’est pas correctement représentée.

Avec notre collectif – qui comprend de simples auditeurs, mais aussi des associations, des syndicats, des partis – nous n’appelons surtout pas au boycott de Radio France. Cette maison, la vôtre, c’est aussi un peu la nôtre. Et nous souhaitons au contraire que les moyens, la volonté, la liberté, soient donnés au personnel d’accomplir ses missions de service public, et parmi elles, de faire entendre les voix de la France.

Notre seconde revendication, c’est que les auditeurs siègent au conseil d’administration de Radio France, aux côtés de vos représentants, de ceux du CSA, des députés, etc. Afin de corriger un arbitraire : un nouveau directeur de France Inter est nommé, et voilà qu’il peut déplacer les émissions à sa guise, en supprimer selon son bon ou son mauvais goût, revoir la grille des programmes, etc. Ceci, au mépris des producteurs, des salariés, mais aussi des auditeurs – qui ont leurs attachements, leurs habitudes.

Voilà le sens de la campagne « De l’air à France Inter » que nous allons mener cette année, par des distributions de tracts, des réunions publiques, des interpellations du CSA, du ministère de la Culture. Nous espérons que vous y verrez une attention à votre travail, et aux conditions dans lesquelles vous le réalisez.

Vous remerciant pour votre attention,

Cordialement,

Notre équipe.delair

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