Une urgence et une priorité : défendre l’Hôpital public de Riom

On aurait pu espérer qu’après des années de destruction systématique par la droite de notre système de santé publique, les choses allaient changer. Ce n’est pas le cas. En 2009, la loi dite « Bachelot » supprimait l’appellation de « Service Public Hospitalier » et ne parlait plus que d’« Établissement de Santé ». En clair, il fallait transformer l’Hôpital public en entreprise. Pour être rentable, les hôpitaux étaient invités à sélectionner les pathologies et les patients, et à diminuer le nombre de personnels. Dans le collimateur, 20 000 emplois étaient à supprimer. Conséquences pour l’Hôpital de Riom, des difficultés accrues dans beaucoup de services et pour les consultations. Après la fermeture de l’ophtalmologie, des services comme l’ORL et la gynécologie ont eu de plus en plus de mal à répondre à toutes les demandes.

Aujourd’hui, les attaques continuent et s’aggravent. Autrement dit, ça change… mais en pire ! Une nouvelle étape de démantèlement des services de soin est prévue pour la fin mars (juste après les élections municipales…). A Riom, cela se traduirait, si nous laissons faire par :

  • les licenciements de plusieurs dizaines de salarié-e-s en contrat précaire,
  • la privatisation et l’externalisation de certains services,
  • des conditions de travail dégradées pour le personnel,
  • la fragilisation et des difficultés accrues pour fonctionner correctement, dans des services existants comme les Urgences, la Cardiologie, etc.,
  • moins de service de santé de proximité pour les usagers.

Riom est loin d’être un cas isolé, quand on sait qu’à Clermont 74 fermetures de lits sont annoncées et qu’au moins 130 lits d’hospitalisation seront redistribués ente l’ambulatoire et l’hôpital de jour. Dans le même temps, aux urgences, par manque de lits, des patients restent des heures entières sur des brancards.

Ces mesures scandaleuses et inhumaines découlent de la politique de santé publique du gouvernement, qui considère l’Hôpital comme une entreprise et la Santé comme une marchandise. Elles sont relayées par l’Agence Nationale d’Appui à la Performance (tout un programme !), véritable mercenaire du ministre, l’Agence Régionale de Santé et les directions d’établissements.

Tout cela montre clairement, s’il en était besoin, que l’on ne peut pas séparer la politique nationale d’austérité et ses effets désastreux sur la politique locale, pour les services publics en général et l’Hôpital en particulier. Approuver ou se taire à propos de la politique nationale, c’est cautionner les conséquences locales. Est-ce cela qui explique le singulier silence des élus par rapport à ce mauvais coup qui se prépare ? Pourquoi sont-ils au « abonnés absents » ? Ce n’est pas ce que nous attendons d’eux. Par le passé, qu’il soit un peu ancien (perte de la Maternité) ou plus récent, nous avons chèrement payé ce manque de transparence, et parfois hélas les retournements de veste de certains, prompts à dire « blanc » aux organisations syndicales pour ensuite voter « noir » dans les institutions. L’heure devrait être à la solidarité et à l’union, pour refuser la régression sociale et sanitaire. A-t-on bien en tête ce chiffre terrible qui établit qu’aujourd’hui plus d’une personne sur quatre renonce aux soins faute de moyens ?

Nous refusons cette politique, au plan national comme au plan local. Ce qui est en cause, c’est la survie d’un hôpital digne de sa mission, capable de continuer à assurer un vrai service public de soin de qualité et de proximité, dans le respect des patients et des personnels. La population de la région riomoise et les personnels de l’Hôpital doivent pouvoir compter sur le soutien sans faille de tous : organisations syndicales et politiques, associations de citoyens, usagers, élus.

Tous ensemble, défendons notre Hôpital public !


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